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Eglises
romanes en Auvergne
L'architecture romane en Auvergne.
Quelques repères

Orcival (site CASA)
À la fin du XIIe siècle, on comptait environ 600 églises romanes dans l'actuelle département du Puy de dôme ! Aujourd'hui, une comptabilité scrupuleuse permet d'atteindre le nombre de 250 églises (ou ruines d'églises) romanes. Cinq de ces églises sont appelées "majeures" : ce sont les plus grandes. Il s'agit de l'abbatiale St-Austremoine d'Issoire, de Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand, de Notre-Dame d'Orcival (superbe site CASA...),de l'église de St-Nectaire et de celle de St-Saturnin.
Tous ces édifices (y compris les plus petits), construits autour de Clermont-Ferrand, ont sensiblement les mêmes caractéristiques architecturales (mais aussi iconographiques...). Le rayonnement du style "roman auvergnat" fut considérable.
Quels sont les caractères de l'architecture romane en Auvergne ?
La caractéristique essentielle (qui concerne au moins les édifices majeurs...), c'est sans doute l'existence d'un plan au sol très développé.
- À
l'extérieur (où commencent toujours les visites), il faut
d'abord remarquer que les masses et les proportions annoncent la distribution
intérieure des parties et leurs rapports dans les trois dimensions -
c'est l'une des définitions de l'art roman ! Ainsi, à Orcival,
aux quatre arcs en plein cintre qui jalonnent le mur extérieur de l'église
correspondent les quatre travées de la nef...
Ensuite, il faut insister sur le chevet (merveille de l'art roman en Auvergne
!). Il s'agit de la "pyramide auvergnate" (forme pyramidale du chevet)
qui contient de nombreux éléments caractéristiques de l'art
roman auvergnat. Ce chevet est toujours très équilibré
et s'inscrit dans des formes géométriques "parfaites"
; il en résulte une très grande harmonie. Par exemple, les chapelles
s'inscrivent dans des cylindres et leurs toitures dans des cônes aplatis.
B. Pascal écrivait à ce sujet (et avec beaucoup d'exactitude)
que les maîtres d'uvre auvergnats avaient "l'esprit de géométrie".
Une autre caractéristique des chevets romans auvergnats, c'est la présence
d'un "massif barlong". Il s'agit d'un ensemble rectangulaire assez
massif qui sert d'assise au clocher.
- À l'intérieur, on peut distinguer quatre parties différentes :
1 - Le narthex, à l'ouest, d'une seule travée avec un étage formant tribune. Les murs y sont en général plus épais et moins ajourés que dans le reste de l'édifice (idée de progression vers la lumière du chur ?).
2 - Trois nefs (une principale et deux bas-côtés). Le nombre des travées y est variable. Les deux bas-côtés sont couverts de tribunes dont le rôle architectural est essentiel. En effet la voûte en demi-berceau (quart de cercle) qui recouvre les tribunes permet de neutraliser la poussée de la voûte centrale en exerçant une contre-poussée au niveau où s'exerce la poussée de la grande voûte (berceau plein cintre lisse).
3 - Un
transept débordant avec absidioles orientées à chaque
croisillon. Ce transept comprend trois éléments caractéristiques
de l'architecture romane auvergnate :
- les arcs diaphragmes ajourés qui soutiennent la coupole ;
- une coupole sur trompes en plein cintre (trompes qui permettent de passer
du carré à l'octogone et donc d'asseoir la coupole) ;
- un triplé d'arcatures avec arc en mitre au centre sur les murs du fond
du transept. Ces arcs en mitre se retrouvent sur le clocher de St-Saturnin où
ils n'apparaissent pas dans le transept. Ce sont des signatures du "roman
auvergnat" qui n'ont pas de fonction architecturale clairement définie.
4 - Un chur flanqué d'un déambulatoire et de chapelles rayonnantes. Le déambulatoire est couvert d'un berceau annulaire découpé en arêtes. Les chapelles rayonnantes circulaires (absentes à St-Saturnin) sont recouvertes d'un cul-de-four (cas particulier de la chapelle axiale de St-Austremoine d'Issoire qui est rectangulaire - de même pour les chapelles de l'église d'Artonne en Limagne). Ce type de chur, au plan très développé, est caractéristique des églises de pèlerinage (il facilite les processions). Pour certains historiens, c'est à Clermont-Ferrand que serait apparu le premier chevet à chapelles rayonnantes ; il se serait ensuite diffusé en Auvergne et dans le reste de l'Europe...
Pour terminer cette très
brève présentation des caractères principaux de l'architecture
romane auvergnate, on peut insister sur la grande homogénéité
architecturale des édifices (même style d'un bout à l'autre
de l'édifice). Cela s'explique par le fait qu'il s'agit d'édifices
rapidement construits. Cette homogénéité concerne de nombreux
édifices, c'est exceptionnel dans l'art roman.
Michel Rossi
BIBLIOGRAPHIE
:
on se limite à rappeler la référence classique et fondamentale
:
B. Craplet, Auvergne romane, collection "La nuit des temps" (n°2),
éditions Zodiaque, La-Pierre-qui-Vire, 1955 (plusieurs fois réédité).
Il vous reste (si ce n'est déjà fait !) à vous rendre cet
été à Orcival en communauté CASA...
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