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Comment
reconnaitre :
Les 12 apôtres
4
grands docteurs de l'Eglise latin
Les diacres
7
vierges martyres
Devant certains tympans, statues, colonnes, chapiteaux ou vitraux, églises romanes gothiques, nous sommes parfois incapables d'identifier les personnages représentés. Pourtant, il existe des moyens simples pour de les reconnaître : les apôtres, les docteurs de l'Eglise, les diacres et les saints.
Souvent représentés aux porches des églises, les douze apôtres correspondent symboliquement aux douze tribus d'lsraël. Après le suicide de Judas qui trahit le Christ, Matthias fut élu au collège apostolique. Les Douze se reconnaissent aux attributs dont on les a gratifiés ainsi que, pour certains d'entre eux, à un détail physique (par exemple, I'apôtre Jean est presque toujours imberbe). Ces caractéristiques, plus ou moins fixées à partir du Xlème siècle, peuvent être communes à plusieurs apôtres à la fois dans la mesure où elles sont souvent liées à la façon dont ils ont été martyrisés. En voici une liste, certainement incomplète, en suivant l'ordre classique de leurs détenteurs:
Pierre
une ou deux clefs; croix renversée; coq du reniement; tiare papale
André
(frère de Pierre)
croix en X
Jean
aigle; coupe empoisonnée par laquelle on voulut le faire périr
(et non calice comme on le croit parfois)
Jacques
le Majeur (frère de Jean)
bourdon des pèlerins de Galice; chapeau à coquilles
Thomas
équerre par allusion à son métier d'architecte; lance en
souvenir de son martyre; cainture de la Vierge que celle?ci lui jeta du Paradis,
pour le convaincre de son Assomption.
Jacques
le Mineur (cousin du Christ)
massue ou bâton de foulon dont on l'assomma à Jérusalem
Philippe
croix pourvue d'une longue hampe par laquelle il exorcisa un dragon
Barthélemy
(ou Bartholomé)
couteau avec lequel il fut écorché vif
Matthieu
bourse (en souvenir de son état de percepteur); hache ou hallebarde.
Simon
scie qui servit à son supplice
Jude
(surnommé Thaddée ou Lebbée, frère de Jacques le
Mineur)
massue ou hallebarde
Matthias
hache
Aux Douze se joignent souvent Paul, avec l'épée qui servit à sa décollation et sa calvitie légendaire, et, très rarement, Judes, ordinairement représenté de profil par crainte du mauvais oeil.
Frédérique
Chaput
CASAinfo n°43
4 grands docteurs de l'Eglise latine
Ils sont représentés soit isolés, soit tous les quatre ensemble (portail Nord de la cathédrale de Beauvais). Dans ce cas, on les trouve parfois associés aux quatre évangélistes (vitraux de Saint?Ouen de Rouen ou portail Sud de Beauvais) ou groupés autour de la Vierge et discutant de l'lmmaculée Conception (retable de l'lmmaculée Conception par Jean Bellegambe, musce de la Chartreuse à Douai).
Ambroise
évêque de Milan: c'est lui qui baptise st Augustin
Mitre épiscopale attributs individuels:
- une ruche car les abeilles déposèrent
leur miel sur ses lèvres (assimilation (mile/ambroisie)
- un petit enfant qui dit au peuple de l'élire
évêque
- et parfois des ossements (il retrouva ceux de Gervais
et Prothais) et un fouet à 3 lanières (pour chasser les ennemis
de Milan ou les Ariens)
Augustin
évêque d'Hippone, en Afrique du Nord
Mitre épiscopale + attributs individuels:
- un cur enflammé
percé d'une ou trois flèches (référence à
une phrase de ses Confessions)
- parfois un enfant qui essaie d'épuiser l'eau de
la mer avec une coquille (vision apparue au saint qui méditait
sur la Trinité: ce n'est pas plus dérisoire que de prétendre
expliquer la Trinité)
Jérôme
cardinal puis ermite au désert en Egypte
Il est à la fois cardinal (chapeau rouge) et ermite
- barbe, parfois un simple pagne
ou drap autour du corps, et un crène pour méditer sur la
mort)
- toujours avec un livre (grand intellectuel, il avait
transporté sa bibliothèque dans le désert)
- un lion auquel il avait retiré une épine
du pied
Grégoire
pape (Grégoire Ie Grand)
tiare papale, à partir du XIVe s, elle est blanche à 3 couronnes
(qui symbolisent le pouvoir spirituel, temporel direct sur ses états,
et temporel sur les princes terrestres)
ses attributs personnels:
- une colombe qui l'inspire (parfois en lui parlant
à l'oreille): on peut trouver en plus son diacre qui l'épie de
derrière un rideau par un trou fait avec un canif
- la figure de l'empereur Trajan libéré du Purgatoire par ses
Prières
Les diacres
Leur attribut de fonction est la dalmatique, ainsi
que le livre des Evangiles, car c'est à eux qu'était confiée
la garde des Evangéliaires. Les deux diacres les plus fréquemment
représentés sont Etienne et Laurent.
Etienne
porte en outre la palme du martyre ou les pierres de sa lapidation sur sa tête,
sur les épaules ou à la main.
Laurent est reconnaissable au gril de son martyre,
mais il a aussi parfois une bourse ou un calice plein d'or, le trésor
de l'Eglise que lui avait confié Sixte II.
Certaines des martyres romaines ont connu, surtout durant la fin du Moyen Age et la Renaissance, un culte très répandu, donnant lieu à des représentations fréquentes, en particulier dans la peinture flamande ou italienne. Voici les principales.
Agathe
On la reconnaît à ses deux seins arrachés
avec une tenaille ou posés sur un plat, par confusion, ses seins ont
parfois été représentés comme deux pains.
Anastasie
Sa légende est recomposée à partir d'éléments
divers: comme à Agathe on lui coupe les seins, comme
à Apolline, on lui arrache les dents. Devenue en outre patronne
de la censure, elle porte parfois d'énormes ciseaux.
Apolline
le bourreau lui arrache les dents avec une longue
tenaille; parfois elle tient à la main la tenaille enserrant une dent.
Agnès
Par vengeance d'un prétendant repoussé, elle fut conduite au lupanar.
Ses attributs sont l'agneau qui avait protégé
sa vertu (symbole de pureté) et les longs cheveux
qui avaient couvert sa nudité. On trouve aussi le bûcher allumé
dont les flammes s'écartent sans la toucher, le glaive de son martyre
et bien sûr la palme.
Catherine
Son iconographie comme sa légende est très riche:
- fille de roi, elle porte une couronne sur la tête
et foule aux pieds son persécuteur l'empereur Mazimien
- savante ayant convaincu les plus grands docteurs, elle tient un livre
- martyre, elle a la palme, la roue brisée de son premier supplice
manqué, et l'épée de sa décollation
- vers la fin du Moyen Age, elle tient entre ses doigts l'anneau,
peut-être dérivé de la roue, qui
est à l'origine de la légende du mariage mystique avec le Christ
(cf le tableau de Memling à l'Hôpital St?Tean à Bruges)
Sainte Catherine
et sainte Agnès
Psautier de Genlis XIIIe siècle (Paris bibliothèque Ste Geneviève)
Cécile
A partir de la fin du IVe s, devenue par une erreur d'interprétation
du texte la patronne des musiciens, elle porte un instrument
de musique, souvent un petit orgue, ou est
accompagnée d'un ange musicien. Après
l'exhumation de son corps à la fin du XVIe s, on la représente
parfois avec au cou la blessure inachevée,
le bourreau n'ayant pas réussi à lui trancher la tête dans
les trois coups réglementaires.
Lucie
Dans l'iconographie, elle présente sur un plateau
les deux yeux qu'on lui a arrachés, ou qu'elle s'est elle-même
arrachés pour décourager un prétendant. Mais sa légende
primitive ignore ce supplice, inspiré par l'étymologie populaire
de son nom, Lucia venant de "lux", lumière. Parfois elle foule
aux pieds un buf, allusion aux bufs qui
ne purent la traîner au bordel
Anne-Françoise Leurquin
CASAinfo n°45