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Ordres
religieux et iconographie
Les Bénédictins
L'importance des bénédictins fait que l'on peut leur attribuer les apports généraux des ordres monastiques à l'iconographie, à savoir:
- I'importance prise par les bâtiments religieux, supports de l'iconographie. La voie du moine, et donc son lieu de vie, sont pour la louange de Dieu: le support du sacré s'est ainsi dilaté de l'autel à l'église, permettant ultérieurement, entre autres, la résurrection de la sculpture monumentale.
- on connaît l'importance des théologiens, bien souvent des moines bénédictins, dans l'élaboration des programmes iconographiques. L'exemple le plus célèbre est Suger, abbé bénédictin de Saint Denis, dont la "Concordiaveteris et novi testamenti" a inspiré de nombreuses uvres d'art.
- le caractère calligraphique de la sculpture du Xlle (draperies collées au corps, plis concentriques dessinés sur la poitrine et autour des genoux...) est directement issu des traditions des miniatures et de l'enluminure, au départ bénédictines ? ce dernier point constituant aussi, en lui-même, un apport essentiel à l'iconographie.
- le rôle des moines dans l'élaboration des techniques a aussi été très grand: recette de mélange des couleurs et de l'huile de lin chez un moine du Xlle, premiers graveurs poursuivis par la corporation des enlumineurs et réfugiés dans les abbayes.
Plus spécifiquement, Cluny a participé à l'essor du pèlerinage de Compostelle, dont les conséquences iconographiques sont incalculables. Et si on ne parle pas d'école bénédictine mais normande, bourguignonne, provençale, etc., les abbayes bénédictines sont presque toujours les monuments les plus remarquables de ces écoles. En peinture, c'est encore Saint Savin, une abbaye bénédictine, qui constitue l'ensemble français le plus important.
L'apport des bénédictins à l'iconographie est donc très divers et immense. Le seul trait caractéristique d'un "art bénédictin" serait son aspect narratif, une prédilection pour l'histoire du salut et sa vision finale, la Jérusalem céleste magnifiquement représentée au tympan de Moissac.
Les cisterciens

L'interdiction de la peinture et de la sculpture dans les monastères cisterciens limite bien sûr leur apport direct à l'iconographie. Indirectement, par contre, Saint Bernard avait une dévotion toute particulière pour Marie qui devint patronne de l'ordre Ceci explique la fréquence de l'appellation "Notre Dame" de beaucoup d'églises. C'est sous cette influence que la place de la Vierge dans l'iconographie du XlIle est devenue si importante, dépassant même celle du Sauveur.
Saint Bernard
L'ordre canonial
Si on ne peut parler d'art canonial, ni affirmer que les cathédrales soient dues aux seuls chapitres (mais à l'évêque, aux communes, à l'afflux des fidèles), ils veillaient aux travaux et collectaient les fonds. Aussi, sans leur intervention, les cathédrales et leur iconographie n'auraient pas le degré de splendeur que nous leur connaissons.
Les Chartreux
Le plus solitaire et austère des ordres monastiques se caractérise curieusement par la richesse des fondations princières et les dons: chartreuse de Champmol à Dijon, chartreuse de Pavi (famille Visconti), chartreuse de Villeneuve?lès?Avignon. La plus grande volonté d'éloignement du monde est ainsi associée à quelques-unes unes des splendeurs des arts...
Les Franciscains

Il est certain que François et ses disciples ont engendré une
nouvelle sensibilité artistique par leur dévotion
envers l'humanité du Christ. Ainsi, des jeux de physionomie et les gestes
expressifs des figures de Giotto et de ses successeurs viennent de cette attention
au Christ pauvre, aimant, souffrant.
Par ailleurs, Saint François apparaît au premier rang des élus dans les jugements derniers d'Amiens, de Bourges ou de Rouen.
Franciscains
Manuscrit français enluminure du XVè
Les Dominicains
Comme
les Franciscains, ils ne nourrissaient aucune ambition artistique, mais ils
ont suscité un artiste extraordinaire, Fra Angelico.
En conclusion de ce trop bref parcours, nous disons que si la beauté se compose de deux éléments, celle du but poursuivi et la perfection de l'adéquation des moyens utilisés pour atteindre ce but, il n'est pas étonnant que l'iconographie monastique, issue de vies entières consacrées à Dieu, ait engendré tant de merveilles.
Dominicains
Manuscrit français enluminure du XVè
François
Bonis
CASAinfo n°50