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L'Apocalypse

Les quatre cavaliers de
l'apocalypse - XIIè
Le genre apocalyptique
Le mot "apocalypse"
vient du grec apocalupsis qui signifie révélation. Une apocalypse
est la révélation des secrets de Dieu concernant les événements
à venir, notamment ceux de la fin des temps, sous forme de visions à
caractère symbolique. Tout ou presque dans une apocalypse a valeur de
symbole : les nombres, les couleurs, les objets, les personnages...
D'autre part, l'univers des apocalypses est dualiste : le monde d'en bas est
soumis à Satan, celui d'en haut est régi par Dieu. Il existe une
lutte entre ces deux mondes et l'issue du combat est annoncée par le
jugement final.
L'Apocalypse de saint Jean
Ce livre conclut le Nouveau
Testament. Il se rattache au genre apocalyptique comme d'autres textes de l'Ancien
Testament mais ce qui est nouveau, c'est que toutes les visions sont centrées
vers le Christ : le fils de l'homme, l'enfant-roi, le cavalier vainqueur...
En face de lui, Satan : le dragon, le serpent, le diable...
Les partisans du Christ (les anges, les martyrs...) sont confrontés aux
comparses de Satan (la bête, le faux-prophète...). Chaque vision
se termine par une allusion à la victoire finale du Christ ressuscité,
prenant avec lui, dans sa gloire, ceux qui ont combattu pour lui.
Jean était exilé sur l'île de Patmos, jugé indésirable
à cause de sa foi par les autorités romaines, lorsqu'il eut la
révélation de la fin des temps.
Le texte est écrit à la première personne du singulier
ce qui le rend particulièrement vivant. Les scènes décrites
prennent vie devant nos yeux.
1. Les premières représentations de l'apocalypse dans l'art
Les premières manifestations
sont souvent des sujets isolés et restreints que l'on voit à partir
du Ve siècle dans des églises italiennes. Exemples : le livre
aux sept sceaux dans les mains du Christ ou au-dessus d'une croix ; l'agneau
seul ou accompagné d'autres sujets comme les vingt-quatre vieillards,
les anges ; le trône vide...
Puis, la diffusion de ces thèmes se fait en Angleterre et en France car
Charlemagne s'intéressait à l'Apocalypse et encourageait sa lecture
dans les écoles.
2. L'apocalypse dans l'art roman
Saint-Benoît sur Loire
La tour-porche, construite
au XIe siècle sous l'abbatiat de Gauzlin, est centrée sur l'Apocalypse
par son architecture et une partie de ses chapiteaux.
La base carrée, les douze portes, les piles extérieures massives
de cette tour correspondent à la description de la Jérusalem Céleste,
qui est la Cité sainte de l'Apocalypse, le Paradis.
Trois chapiteaux, principalement représentent des passages de l'Apocalypse, mais je n'en dirai pas plus sur cet aspect de Saint-Benoît qui est approfondi dans un autre article du dossier.
Moissac
Bien que Moissac ne soit pas un site CASA, il est intéressant de s'arrêter sur la représentation des vingt-quatre vieillards sur le tympan.
Ce tympan nous fait admirer un Jugement Dernier avec un Christ Pantocrator vers qui tous les autres personnages sont tournés. Il est entouré du Tétramorphe et des vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse.
Ce chiffre de vingt-quatre est un multiple de douze, qui symbolise les douze tribus d'Israël, rassemblées ici autour du fils de Dieu. Chaque vieillard tient dans ses mains une coupe de parfum pour rendre hommage à Dieu, ainsi qu'une viole pour chanter ses louanges.
3. L'apocalypse dans l'art gothique
Les fresques et les sculptures
En France, c'est surtout dans le Midi que l'Apocalypse se développe sous influence nettement italienne.
Exemples : dans l'église des Jacobins à Toulouse, on peut voir les vingt-quatre vieillards portant des couronnes fleuronnées, des robes blanches et des nimbes striés de rayons, formule lancée par Giotto ; dans la cathédrale de Reims, à la porte droite de la façade occidentale, est sculpté saint Jean écrivant sur l'île de Patmos, ainsi que saint Michel enfonçant sa lance dans la gueule du dragon.
Les vitraux et les tapisseries
Comme exemple de vitraux,
nous pouvons retenir celui de Chartres où les vingt-quatre vieillards
trônent sur la mer de cristal. D'autres sont visibles à Laon, Bourges...
L'une des tapisseries les plus connues représentant l'Apocalypse est
celle d'Angers. Elle a été réalisée au XIVe siècle
à Paris, sous la direction de Nicolas Bataille, d'après des cartons
d'un dessinateur hollandais.
Ce vaste livre de 300 mètres
de long environ à l'origine et de 5 mètres de haut est divisé
en six parties et un rythme bien structuré, distinct de l'organisation
interne du récit, est établi. Introduite par le "lecteur",
grand personnage assis sous un baldaquin gothique, chacune des six pièces
comprend 14 scènes. Une très grande rigueur est observée
dans la composition d'ensemble et elle se retrouve au niveau de chaque scène,
bien délimitée par un cadre et au décor peu varié.
Élément constant, Jean s'intègre aussi dans chaque épisode
de sa propre vision.
Émilie
Cadilhac
Rameaux 1994