Retourner sur le site
sommaire

> Points d'histoire

Les premiers chrétiens en Gaule


L'empereur Constantin en 352, au moment ou il ordonne de brûler les livres hérétiques
(manuscrit du IXe siècle)

Dès l'année 177

Le premier témoignage d'une présence chrétienne en Gaule remonte à 177 lorsque des chrétiens de Lyon écrivent à des coreligionnaires d'Asie à l'époque des persécutions (175-180). Ils ont été, semble?t?il, dénoncés à l'empereur par les riches commerçants de la ville souhaitant faire preuve de zèle vis-à-vis de Rome; ils seront martyrisés dans l'amphithéâtre des deux Gaules. Le nombre des martyrs fut réduit car la Gaule était encore fort peu christianisée.

Le premier évêque de Lyon, Irénée, est originaire de Smyrne, (les premiers chrétiens de Gaule avaient été convertis par des chrétiens d'Asie Mineure). Il écrit en grec La Recherche et renversement de la fausse connaissance et meurt avec ces premiers chrétiens en 177 (c'est lui qui est représenté sur l'une des poutres
de l'église d'Assy).

Les sièges épiscopaux se multiplient au cours du troisième siècle comme en témoignent des épitaphes ou même des listes : Vienne, Reims, Trèves, Bourges, Bordeaux, Rouen, Paris, Tours, Sens, Metz... On remarque que les chrétiens ?et leurs évêchés? se concentrent sur l'axe de circulation sud?nord, de Narbonne (capitale de la Narbonaise) à Trèves (capitale de la Belgique).

Le premier concile de Gaule a lieu à Arles en 314 (l'Edit de Constantin date de 313). Les suivants se tiendront à Valence, Nîmes... Progressivement, la foi chrétienne se répandra plus à l'ouest, sous l'impulsion d'Hilaire à Poitiers et de Martin à Tours. Les premières informations sur la vie de ces communautés se trouvent dans des vies de saints en vers (par Prudence, vers 400) ou dans le Martyrologue de saint Jérôme (347?420).


Premiers évêchés, premières cathédrales


La création des évêchés implique une évolution dans la construction des lieux de culte à un moment ou le christianisme est officiellement reconnu par l'Etat. Les chrétiens quittent les lieux de réunion qu'on trouvait dans des maisons privées pour se réunir dans des cathédrales, appelées ecclesiae, incluses dans un ensemble épiscopal tel que celui qui a pu exister à Poitiers. Ce complexe regroupait outre la résidence de l'évêque, des archives, des bibliothèques, des oratoires, des salles de réunion, des termes, des hospices...

C'est l'époque où l'on érige également des basiliques (basilica) sur des tombeaux. Elles se trouvent logiquement hors des murs de la ville, à l'emplacement des cimetières romains (voir saint Hilaire de Poitiers). Le développement se fait beaucoup moins rapidement dans les campagnes que saint Martin, le premier, s'efforcera de christianiser en construisant des églises.

On connaît les conditions requises pour se faire prêtre grâce à une lettre du pape Innocent (400) qui réclame des serviteurs de Dieu :
- qu'ils n'aient pas auparavant appartenu à une secte païenne,
- qu'ils renoncent au mariage (car beaucoup, tel Hilaire, ont été mariés et ont eu des enfants),
- qu'ils respectent la hiérarchie mais sachent éviter les hommes politiques et financiers dépendants de Rome... Ces prêtres doivent savoir lire le latin.

Un nouveau pouvoir


Au Ve siècle, les communautés chrétiennes doivent s'adapter aux envahisseurs wisigoths et francs.
Les évêques sont alors le plus souvent des aristocrates qui choisissent de vivre selon le modèle romain. Ils se font les gardiens de la vie intellectuelle. Ils sont cependant choisis avec l'accord des rois francs qui petit à petit imposent des hommes ambitieux qui leur seront favorables et surtout des hommes suffisamment argentés pour maintenir l'ordre en général, aider les plus pauvres, etc.

Ces évêques ont conscience de leur rôle de bâtisseurs: ils financent les constructions avec l'aide de laïcs, se font représenter sur des mosaïques en train d'offrir une cathédrale à Dieu et laissent leur nom à ces édifices, conformément à la tradition antiques. On peut dire qu'ils se substituent aux pouvoirs publics défaillants. L'église devient le principal propriétaire terrien de la Gaule. Outre ses pouvoirs spirituels (il est le seul à pouvoir donner le baptême jusqu'au septième siècle), l'évêque détient un pourvoir temporel: il fait construire des fortifications, demande des exemptions d'impôts pour sa ville, fait battre la monnaie (comme à Poitiers).

A cette époque, les monastères se développent (Lérins) et reprennent petit à petit les fonctions de l'évêque, en particulier celle de bâtir des lieux de culte. Mais ceci est une autre histoire...

Hélène Lambert
CASAinfo n°49


Source: Naissance des arts chrétiens, atlas des monuments paléochrétiens de France, Imprimerie Nationale, Paris, 1991.

haut de page
Retourner sur le site

sommaire