Les retables

3. Les retables pour  » édu­quer les fidèles  »

Un retable est avant tout une œuvre d’é­du­ca­tion. On sait que les théo­lo­giens ont don­né des consignes pour l’é­la­bo­ra­tion des retables.

3.1 Le contexte his­to­rique géné­ral

Cha­cun (depuis le XIVème) peut œuvrer à son salut (c’est une idée essen­tielle : aupa­ra­vant, il fal­lait s’en remettre aux clercs…). Pour cela, il faut réduire le fos­sé sépa­rant « la recherche théo­lo­gique de la vul­ga­ri­sa­tion apos­to­lique » (Ger­son). Il faut ensei­gner à tous la vie du Christ, de la Vierge et des saints… Modèles pour qui veut gagner son salut.

On cherche à imi­ter, suivre de près le modèle du Christ. On va cher­cher à péné­trer dans la com­pa­gnie du Christ… sans être reli­gieux. L’i­dée d’i­mi­ter est essen­tielle : on va ain­si refaire les gestes du Christ, de sa Pas­sion. Les moyens pour arri­ver à cet objec­tif sont variés.

3.2 Les moyens d’en­sei­gne­ment

–> La pas­to­rale, la pré­di­ca­tion.

–> Les livres de pié­té publiés de plus en plus en fran­çais. La vul­ga­ri­sa­tion de ces livres est liée au déve­lop­pe­ment de l’im­pri­me­rie. Voir les livres d’heures, les manuels comme « l’i­mi­ta­tion de Jésus Christ » de Tho­mas a Kem­pis (60 édi­tions en diverses langues)

–> Les repré­sen­ta­tions de théâtre sacré, de drames reli­gieux (Mys­tères!. Le sujet le plus repré­sen­té est la Pas­sion du Christ. Les fidèles par­ti­cipent au cours de la semaine sainte au « jeu de la Pas­sion. (dès 1400 en Avi­gnon): ils vont entrer trois jours durant, avec des cen­taines d’ac­teurs et de figu­rants, dans  » la vraie Pas­sion du Christ  .

Ces repré­sen­ta­tions (sur le par­vis de l’é­glise ou sur la place du vil­lage) sont des tableaux vivants pour F. Rapp, des « retables éphé­mères » pour L. Cha­tel­lier.

–> Les retables reprennent dans leur ico­no­gra­phie les scènes des Mys­tères, des théâtres reli­gieux. Et il est inté­res­sant de consta­ter que les chré­tiens conservent de plus en plus ces « tableaux vivants » chez eux, sous la forme de retables por­ta­tifs. Pour Zanet­tac­ci :  » les retables por­ta­tifs suc­cèdent aux ensembles monu­men­taux « ; c’est en rap­port avec le déve­lop­pe­ment des ora­toires pri­vés… une nou­velle reli­gio­si­té, plus inté­rio­ri­sée… L’homme cherche per­son­nel­le­ment son salut.

En guise de conclu­sion…

Les images des retables sont un des moyens très variés dont dis­po­sait l’E­glise pour com­mu­ni­quer son mes­sage – notam­ment aux laïcs (le retable serait un livre des laïcs »…).

Michel Ros­si
CASAin­fo n°59